L’innovation comme réponse au changement climatique ou comment les start-ups vont sauver le monde

acd2b03add45c56fec9ae01c066f7Le 21 novembre a eu lieu la conférence organisée par Total sur le thème « Energie et Climat ». Cette conférence réunit une quantité et une qualité d’intervenants impressionnantes.  Introduite par Philippe Boisseau, Président de la branche Marketing & Services et Energies Nouvelles, membre du COMEX du Groupe Total, il présente la vision du groupe Total : « en 2050, la source principale d’énergie sera solaire ». Cette vision est partagée par Elon Musk, CEO (entre autres) de SolarCity qui livre dans sa conférence TED que je vous recommande infiniment de voir : « Je suis sûr que le solaire battra tout le reste sur le terrain y compris le gaz naturel. Il le doit en fait… S’il ne le faisait pas nous aurions de gros problèmes ».

Effectivement, le passage à une source principale solaire ne peut se faire sans énormément d’adaptations et d’innovations. Philippe Boisseau rappelle justement que l’innovation, chez Total et ailleurs,  est un changement d’état d’esprit. Raccourcir le time-to-market ou changer des processus d’une société de 100.000 personnes ne se fait pas (encore) du jour au lendemain. Je vous propose de découvrir cette conférence par l’interprétation que j’ai pue en faire du point de vue de l’innovation et des start-ups. Abordons d’abord les problèmes que posent le changement climatique, quels sont les nouveaux paradigmes à appréhender et enfin quelles sont les solutions que proposent les startups.

La problématique du climat : agir n’est pas un choix

Le premier constat présenté par le climatologue Hervé Le Treut est simple mais grave : les scénarios de réchauffements climatiques prévus se sont réalisés. Les calculs des scientifiques montrent que ce réchauffement résulte principalement des émissions de CO2.

Le deuxième constat est la croissance de la population qui entraîne, avec nos modes de consommation actuels, et cette précision est fondamentale, une croissance de la demande en énergie. Pour répondre à cette offre, les émissions de CO2 seront en croissance avec les modes de production actuels. Hervé Le Bras, Démographe, dresse plusieurs tendances. Le taux de croissance entre 1950 et 2020 a été divisé par deux. Ensuite, les populations vont s’étendre majoritairement en zone péri-urbaine : nous apercevons donc de nouveaux challenges pour le transport de l’électricité dans ces zones et le besoin croissant en transports pour rejoindre son travail en ville. Par ailleurs, en 2050, la moitié de la croissance démographique mondiale sera représentée par la zone Afrique Centre/Sud/Ouest. Seuls des renforts de l’éducation peuvent limiter cette croissance étourdissante.

Laura Cozzi dirige une équipe d’analyste en charge de produire des projections sur l’énergie au sein de l’IEA (International Energy Agency). Ses analyses montrent qu’en 2040, la Chine représentera 50% de la demande en charbon. Les résultats des recherchent démontrent ainsi qu’agir sur les modes de productions n’est pas un choix. L’objectif est de transformer cet ensemble de contraintes en opportunités pour faire émerger des solutions sinon rien ne changera. Comme nous allons le voir maintenant, ce n’est pas simple mais possible avec de l’audace.

Transformer cette contrainte en opportunité : de nouveau paradigmes

L’analyse du professeur d’économie Pierre-Noël Giraud est très intéressante à garder en tête : dans ses travaux sur le capital naturel, il soutient que nous ne rencontrons aucune contrainte du côté de l’épuisement des ressources dites épuisables: nous avons déjà découvert beaucoup plus de carbone fossile que nous ne pourrons nous permettre d’en brûler si nous prenons l’effet de serre au sérieux. En revanche, « nous avons de très sérieux problèmes de poubelles », c’est-à-dire de destruction d’écosystèmes vivants par nos émissions de déchets de toutes sortes, dont les gaz à effet de serre. Finalement la question de la quantité de ressource épuisable n’est pas une question. Si nous prenons l’exemple du pétrole, plus il sera rare ou difficile d’exploiter, moins la production sera importante. A demande identique, les prix augmenteront ce qui permettra d’exploiter des zones plus difficiles techniquement à exploiter. Si aujourd’hui nous estimons des réserves de 40 ans, il en sera surement de même dans 40 ans…

Bruno Rebelle, CEO de Transitions et ex-Directeur Exécutif de Greenpeace France, partage cette analyse: aucune utilité de chercher plus de ressources naturelles. Sa proposition, qu’il imagine plus incitative que punitive, consiste à réorienter les subventions pour la production d’énergies issue de ressources fossiles vers les ressources naturelles. Cette réorientation est d’après Pierre-Noël Giraud possible mais à risque, car si elle entraîne une augmentation de prix pour les plus pauvres, jamais elle sera possible. Les chiffres que soutient Bruno Rebelle concernent les emplois crées par le secteur des énergies renouvelables. Pour 1M€ investit, 19 emplois sont crées dans le domaine de l’efficacité énergétique, 14 emploi si investit dans le domaine des énergies renouvelables, 5 emplois dans le charbon ou le nucléaire. De même pour produire 1 MWh d’électricité, il faut 9 emplois dans solaire contre 3,3 dans l’éolien et 1 dans le nucléaire. Ces chiffres qualifiés par Pierre-Noël Giraud de « Marketing », ne prennent en effet pas en compte la pérennité des emplois et ne sont pas une solution en elles même au réchauffement climatique mais seulement un levier d’acceptabilité pour appliquer des politiques favorables à ces modes productions.

En synthèse, nous pouvons dresser  la liste non exhaustive de contraintes à prendre en compte dans le business à créer:

  • Pas d’augmentation de prix pour les consommateurs ;
  • Création d’emplois pérennes pour favoriser l’adoption des solutions ;
  • Une éducation renforcée pour limiter les croissances démographiques;
  • Une meilleure efficacité énergétique des solutions existantes;
  • Une production basée sur des ressources renouvelables.

Les start-ups : solution de résilience à la crise

Le Philosophe Frédéric Lenoir est intervenu pour changer notre angle de vue sur cette crise. Auteur de « La Guérison du monde », il rappelle que l’étymologie du mot crise est « cela ne peut plus continuer comme cela ». Le choc de la mondialisation entraîne un choc des cultures, et deux axes sont à exploiter pour trouver des solutions. Le premier est l’internationalisation des règles et des régulations. Le deuxième est la conscience de l’individu. En citant Gandhi « soyons le changement que nous voulons voir dans le monde », il insiste sur le fait qu’il faut être optimiste et voir ces problèmes sous un nouvel angle. En effet, le changement climatique est une crise qui va donner naissance a beaucoup d’aventures entrepreneuriales! Comme m’a dit Didier Tranchier dans son interview sur ce blog: « Vive la Crise ! ». Voici pourquoi.

ECHY – Connectez-vous au soleil !

IMG_4953La start-up qui vient de lever 500 k€ propose d’installer des panneaux de captation de la lumière du soleil pour la transmettre par fibre optique à l’intérieur d’immeubles. Les panneaux ont une durée de vie de 40 à 50 ans et tous ses composants peuvent être recyclés. Pour l’heure, les prix des panneaux restent toujours élevés au regard d’autres solutions mais Echy compte diviser les coûts par quatre en multipliant par deux le rendement optique.

Expliseat – Light and durable aircraft solutions

IMG_4964Cette start-up propose de faire économiser entre 3 et 5% de carburant, soit jusqu’à 500.000 dollars, par avion et par an. Comment ? En développant le siège d’avion le plus léger du monde, de 4kg par place. Le siège le plus léger du marché pesait minimum 8 kg. Une étape conséquente a été franchie en septembre dernier : ils ont obtenus la certification américaine de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA). Un pitch remarquable pour présenter une grande innovation Made in France dans un marché qu’on pensait verrouillé…

Algopack – Réduisons notre dépendance au plastique par une matière vertueuse

IMG_4977Les ancêtres bretons de Rémy Lucas récoltaient les algues sur les plages pour en faire des engrais ou encore du verre. Depuis près de 15 ans, il se consacre à cette idée: remplacer le plastique par l’algue. En 2010, il crée Algopack. 1,5 million d’euro déjà investis pour développer l’entreprise. Algopack est la première entreprise au monde à fabriquer et à commercialiser un matériau à base d’algues. À la clé, Algo Blend, 50% algues et 50% plastiques et surtout, ce nouveau matériau 100% à base d’algues Algopack. Ces dernières sont cultivées en mer. De 12 hectares, Algopack va étendre sa culture à 145 hectares. L’algue ne consomme pas d’engrais, de pesticides, pas de quantité importante d’eau. Emballages, jouets, revêtements de sol, panneaux de signalisation… tout est possible avec ces algues. Le groupe vise un chiffre d’affaires de 30 millions d’euro d’ici 5 ans. Il réalise déjà 80% de ses ventes à l’export

Global Bio Energies – Un procédé unique pour produire autrement

IMG_4974Cette start-up introduite en bourse a mise au point un procédé pour permettre de produire du caoutchouc, des plastiques et carburants à partir de ressources renouvelables tels que le  sucre ou les céréales. Bientôt, il sera possible de faire de même avec de la paille ou des copeaux de bois. Global Bioenergies est l’une des rares sociétés au monde et la seule en Europe à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation. La société continue d’améliorer le rendement de son procédé, et se prépare à mener des tests en pilote industriel.

Jestocke.com –Garde-meuble entre particuliers

Cette société offre la possibilité aux internautes de mettre gratuitement en ligne une annonce à destination des voisins désirant louer leurs mètres carrés en surplus. Le site ambitionne de devenir pour les particuliers une alternative moins chère et plus facile d’accès aux centres de self-stockage.

MyRecyclestuff – Réseau social de troc circulaire

Le troc circulaire s’inscrivant dans le modèle de la consommation collaborative est une initiative innovante. Depuis sa création en septembre 2013, la plateforme a fait de nombreux heureux, puisque le réseau social compte désormais 5000 troqueurs actifs et une communauté de 15 000 personnes. On trouve quasiment tout sur la plateforme: jeux vidéos, DVD, CD, articles de décoration et de sport, vêtements pour enfants, articles de mode mais aussi cours en tout genre.

Pourquoi ces start-up sont parfaitement positionnées?

Le changement climatique est une opportunité pour ces jeunes sociétés. Des créations d’emplois à la clef et des modifications de nos modes de consommation sont en cours. Les paradigmes sont complètement nouveaux. Le point commun entre ces startup? Elles proposent toutes l’une des composantes suivantes: consommer différemment (MyRecyclestuff, Jestocke.com), gagner en efficacité énergétique (Expliseat, Echy) ou produire de façon responsable une énergie plus propre (GlobalBioEnergies, Algopack). Avec de l’optimisme, de l’audace et un accompagnement intelligent des grand groupes, les startups sont les meilleures représentantes de ce changement et ont tout pour réussir.

L’innovation a toujours été l’avenir de l’homme

title 2013 07 11 - Article Pierrick

« Aujourd’hui tout le monde parle d’innovation. ». Vous aussi vous entendez et lisez cette phrase tout le temps ?

Et c’est normal, surtout dans cette période de crise économique. Mais, contrairement à ce que d’autres peuvent dire, personnellement je trouve que c’est une très bonne chose : parler d’innovation, c’est aussi se demander ce que l’on peut faire de mieux, pour qui et pour quoi faire. Mieux, c’est propager un état d’esprit créatif et constructif, même si nous ne faisons qu’en parler.

D’ailleurs, nous ne manquons pas de créativité : qu’il s’agisse de découvrir et améliorer des technologies ou que d’entreprenants esprits imaginent les services les plus originaux, nos semblables ne cessent de nous étonner ! Citons, à titre d’exemple, la réparation osseuse par impression 3D, les Google Glass et cette lampe de poche à LEDs, alimentée par la chaleur de la main qui la tient, inventée par une américaine, lycéenne de 15 ans de surcroît ! Mais passer de l’idée à l’innovation est très difficile et cela créé souvent une fracture dans notre Société :

  • Une société des entreprises et des entrepreneurs. Pour eux, bien que leurs motivations soient différentes, transformer l’idée en innovation est une nécessité
  • Une société des individus : « nous » citoyens, « nous » consommateurs, « nous » salariés. Notre mode de vie mondialisé ne nous laisse que peu de temps à consacrer à la créativité et l’imagination, pourtant nous en avons tous besoin ! Au même titre qu’une vie professionnelle et personnelle épanouie, nous recherchons -consciemment ou inconsciemment- à nous inscrire dans une démarche d’utilité collective.

Râler en est l’une des expressions, c’est dire le potentiel en France 🙂
Qui comprendrait que nous laissions de côté aujourd’hui le formidable gisement des idées de nos concitoyens ? Internet le permet, et c’est bien la démarche de nombreuses entreprises qui se sont lancées dans l’Innovation Ouverte (plus connue sous le nom d’Open Innovation).

Le problème, avec les techniques actuelles d’Open Innovation, c’est qu’elles ne répondent pas à l’ensemble des besoins de ces deux sociétés.

Prenons par exemple :

  • Le Crowdsourcing (ou collaboration ouverte) permet de travailler avec un très grand nombre d’individus, mais cette méthode pose des limites de reconnaissance financière et sociale.
  • Le Social CRM (ou gestion de la relation client par les réseaux sociaux) permet à la société des individus d’être écoutés (j’aime à croire qu’ils le sont réellement !), mais il est très difficile pour une entreprise de collecter et d’analyser les milliers d’idées proposées. Encore moins de les enrichir.
  • Plus proche d’actions internes dans les entreprises, il y a le SMI ou Système de Management des Idées : c’est un logiciel en mode projet qui réunit souvent un réseau social interne et une application de gestion de projet afin d’aider à la transformation des idées en innovations. Là encore, malheureusement, la propriété intellectuelle est divulguée dès la première seconde, retirant par là-même tout un pan de créativité et de motivation personnelle. La gestion en mode projet est réalisée bien trop tôt, si tant est d‘ailleurs qu’il soit nécessaire de la réaliser sur ce type de plateforme.

Réfléchissons. Il doit bien y avoir un moyen de rassembler tous les besoins de ces deux sociétés, et d’y répondre avec un seul schéma : un ensemble d’outils complémentaires, pertinents, et pour donner des résultats concrets pour les deux parties ?

Ce moyen existe. Il s’appelle Inventive !
Libérer les individus de leurs inhibitions et provoquer en eux la satisfaction de cultiver leur créativité, comme on entretient son corps ou sa mémoire. Savoir collecter et analyser un très grand nombre de données, pour en faire émerger des problèmes analysés et traduits selon des besoins techniques et comportementaux. Des problèmes racines, des tendances de besoins, des idées sélectionnées pour leur potentiel d’innovation : c’est cela qu’Inventive apporte aux entreprises en quête de compétitivité et de notoriété.

En créant Inventive, nous n’avons jamais perdu de vue l’essentiel : répondre aux besoins…

  • Pour les individus, la reconnaissance sociale et financière, l’estime de soi dans la créativité, la responsabilisation dans la transformation ;
  • Pour les entreprises, la capacité de collecte et d’analyse de Big data, l’expertise, la valorisation, l’enrichissement des méthodes de transformation et la commercialisation dans le bon Time To Market de ce formidable puits de compétitivité que sont nos idées.

Le passage qui mène de l’idée à l’innovation est comme un tout petit conduit. Une entreprise qui veut profiter de notre tunnel profitera d’une longueur d’avance sur son marché, c’est certain, mais le plus important est que cette entreprise placera en son centre ses clients et ses salariés, non pas comme de simples contributeurs mais comme autant de propulseurs internes d’innovations et de notoriété.

Ce qui existe aujourd’hui comme culture d’innovation n’est encore que très artisanal. Inventive créé le tissu social innovant dont la Société devra se doter dès lors qu’elle voudra réunifier ses citoyens et ses entreprises, vers une productivité performante, une productivité qui a du sens pour tous.

2013 07 11 - Articlec PierrickA propos d’Inventive

Inventive est la première startup d’Open Innovation de 3ème génération. L’entreprise collabore avec des PME et des grands groupes pour les aider dans l’accélération de leur compétitivité grâce à une technique d’innovation ouverte
exclusive.

A propos de l’auteur2013 07 11 - Article Pierrick
Arnaud Bonnefond est co-fondateur d’Inventive, Ingénieur Orsay, il a travaillé pour les R&D de Philips et d’Alcatel-Lucent, contribué à des programmes d’anticipation, au lancement de EDGE en France et à la création de modèles économiques innovants pour la Télévision Mobile.

Pourquoi Total s’intéresse au développement régional, aux PME et à l’INNOVATION

Lors des 3èmes rencontres parlementaires sur l’Industrie (16 avril 2013), Total a ré-exprimé son intérêt pour l’Innovation. Une bonne occasion pour retranscrire l’intervention de Philippe DESRIAC, Expert Innovation à « Total Développement Régional ».

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Contexte général

La crise économique que nous traversons est un révélateur de la fragilité des PME qui doivent faire face à une concurrence de plus en plus vive dans un environnement en perpétuel changement. De par ses caractéristiques, (proportion importante de TPE, forte activité de service / sous-traitance avec une dépendance vis-à-vis de quelques donneurs d’ordres) les PME françaises sont touchées et il faut donc envisager une action vigoureuse visant une amélioration de la compétitivité de ces entreprises.

Selon nous, cette amélioration de la compétitivité est étroitement liée à l’adoption d’une démarche active d’innovation seule capable d’assurer une différenciation favorable, la création de valeur indispensable et par suite, la création d’emplois et le développement durable des entreprises.

Rôle d’une grande entreprise

La dimension de Total et sa stature internationale ne nous font pas oublier notre responsabilité au plan local et nous conduisent à nous montrer solidaire des entreprises de plus petite taille qui se créent, se développent et se transmettent notamment dans les régions françaises qui accueillent nos activités industrielles. Un point très important est que, le cadre de cette politique, Total intervient en complémentarité avec les acteurs publics et les instituions dont la mission est de favoriser le développement économique local.

Ainsi, face aux situations exceptionnelles de toutes natures (diversifications économiques, redéploiements industriels, ré industrialisations, catastrophes accidentelles ou intentionnelles), le Groupe réagit au travers de dispositifs d’accompagnement économique et social comme cela a été le cas par exemple à Lacq.

Les moyens appropriés sont alors mobilisés, au premier rang desquels figure TOTAL DEVELOPPEMENT REGIONAL qui est une direction de la Holding de TOTAL.

TDR, développe une offre d’assistance technique et financière, voire administrative, destinée en priorité aux porteurs de projets ou aux entreprises en développement sur ces territoires. Les outils d’appui financier sont le complément de la mise à disposition de moyens intellectuels, logistiques et internationaux du Groupe Total.

L’innovation favorise l’emploi

Je souhaiterais d’abord m’exprimer sur le fait que l’innovation n’est pas ennemie de l’emploi. On a souvent tendance à freiner l’innovation, à lui préférer, par exemple, le soutien d’activités en déclin, en se disant qu’en faisant cela on soutien l’emploi. C’est une erreur : les réels soutiens à l’emploi, sur la durée, sont l’innovation et la créativité.

Des courbes réalisées à très long terme, démontrent que, sur une période de 150 ou 200 ans, la productivité du travail a été multipliée par 10. Dans le même temps, grâce à l’innovation, l’emploi lui, a été multiplié par 5, ce qui veut dire que la production totale a été multipliée par cinquante et que nous sommes donc plus riches qu’avant. On voit bien que les 2 mouvements vont de pair : l’innovation prépare l’emploi, elle n’est pas concurrente de l’emploi.

Les 3 maîtres-mots qui déterminent notre action d’aide à l’innovation

Il convient d’adapter la stratégie d’innovation aux PME et aux réalités d’aujourd’hui, en redéfinissant le concept d’innovation. Il est en effet désormais admis que l’innovation se doit d’être tout à la fois :

  • Globale, en s’appliquant à tous les leviers de la performance et de la compétitivité et non au seul produit ; on doit donc viser ainsi une «innovation 360°» en matière d’outils de production, achats, méthodes de commercialisation, marketing, services, logistique, organisation, etc.
  • Incrémentale plutôt que de rupture, le principe de réalité nous conduisant à miser sur une innovation par petits pas, à la fois progressive et continue
  • Collaborative, c’est-à-dire ouverte à des partenariats externes (laboratoires de recherches, autres entreprises françaises et étrangères).

L’apport de TOTAL

Beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui en panne d’innovation. Il convient donc de les aider à se réapprovisionner en idées et projets d’innovation afin qu’elles soient fin prête à profiter à plein du redémarrage économique qui ne manquera pas de survenir.

En effet, grâce à notre connaissance des évolutions techniques et commerciales, nous avons identifiés des axes de développements de nos activités à 2 ans, 5 ans et 10 ans et nous pouvons donc les transmettre à des PME afin qu’elles restent « dans la course à nos cotés ».

C‘est dans ces conditions que nous proposons aux entreprises un soutien financier significatif dont la vocation finale est de donner cette dynamique d’innovation aux PME.

En conclusion

Nous sommes persuadés que les entreprises qui sortiront gagnantes de la crise seront celles disposant de la meilleure capacité d’innovation et ipso facto de la meilleure assise humaine. Vous voyez donc que notre mission est claire : aider les PME à innover !

Contribuer à la réussite de ce défi nous fera participer, pour notre modeste part, à l’objectif de croissance du pays et à celui du rehaussement du niveau technologique et innovant de nos entreprises.

A propos de Philippe DESRIAC

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Expert innovation de Total Développement régional, Philippe Desriac y anime le pôle Innovation & PME. Philippe Desriac a plus de 20 ans d’expérience en Projet, R&D, Industrialisation, Commercial, Marketing, International et aide les PME à réaliser des gains significatifs à travers la mise en oeuvre de nouveaux produits, nouvelles stratégies, nouveaux business models, nouveaux processus et organisations. Il a de nombreuses expériences de l’industrie dans des secteurs variés liés aux métiers de Total, comme de l’industrie agroalimentaire, sport, transport.

[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Business Angel ?

L’innovation pour Wikipédia est « une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

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Après l’interview d’Olivier Servoise, poursuivons ce tour de France de l’innovation avec Didier Tranchier (@Tranchier), Business Angel et Professeur de Gestion de l’Innovation.

Didier, comment définis-tu l’Innovation?

De manière générale, l’innovation est le processus de mise sur le marché de nouveaux services et produits. Concrètement, les technologies déployées dans le monde actuellement (internet, haut débit, smart phones) créent des conditions de transformation complète de l’économie et ouvrent des nouveaux marchés, des nouveaux canaux de distribution, de nouvelles manières d’interagir et de nouvelles industrie.

J’appelle la période que nous vivons « LA RENAISSANCE INDUSTRIELLE« . Cette renaissance/révolution complète de notre économie va durer plusieurs dizaines d’années et offre des opportunités illimitées pour des jeunes entreprises innovantes capables d’explorer ces nouveaux univers.

Comment analyses-tu la relation qu’ont les Grands Groupes avec l’Innovation ?

Il est étonnant de constater que les grands groupes, ceux qui ont accès aux marchés, aux ressources et aux études de marché, sont ceux qui ont le plus de difficultés à bénéficier de ces nouvelles opportunités et de ces nouveaux marchés. Rare en effet sont les groupes industriels qui vendent leur produits sur internet ou qui ont compris que l’internet leur permet de recevoir les suggestions / remarques de leurs clients utilisateurs afin d’améliorer leurs produits et services. Il est vrai également que la culture grand groupe est très différente, voire incompatible avec l’agilité, la prise de risque et la vitesse d’exécution des start-ups.

Pour autant, je crois que cette relation Grand Groupe / Startup est la clé de la réussite économique car elle permet de combiner le modèle industriel avec la créativité et l’innovation. En particulier, la France est l’un des pays les mieux placés pour bénéficier de cette opportunité. C’est la raison pour laquelle je consacre mon temps à construire cette relation Grand Groupe / Startup, mais cela nécessite que le Grand Groupe accepte de remettre en cause ses certitudes et sa stratégie industrielle passée pour examiner les opportunités de marché et bâtir une nouvelle stratégie basée sur l’innovation et la conquête de nouveaux marchés.

La crise est-elle pour toi un déclencheur d’Innovation ?

La crise actuelle est le signe d’une transformation radicale de notre système économique dont les futurs champions seront les Start-ups qui auront réussi à capturer une partie significative des ces nouveaux marchés ou bien les Grands Groupes qui auront une stratégie de conquête audacieuse et qui sauront tisser des liens de confiance avec des Start-ups. Vive la CRISE et vive l’INNOVATION !

Retour sur la Conférence MTI 2013: L’Innovation par le business model

Cette semaine une conférence a été organisée par le Master Management de la Technologie et de l’Innovation sur le thème : « L’innovation par le business model ». Les intervenants aux profils variés (grandes et petites structures) étaient:

  • Alain Bénichou, PDG d’IBM France ;
  • Yves Pigneur, enseignant-chercheur à HEC Lausanne et co-auteur de Business-model Nouvelle Generation ;
  • Michaël Oualid, porteur du projet Free Car Project ;
  • Jacques-Etienne de T’Serclaes, Président de l’Agence pour le Don en Nature.

Les objectifs de ces intervention étaient:

  • Réaliser une présentation très pédagogique de la conception et ré-génération d’un business-model,
  • Parler des freins et espoirs de révolutionner un secteur grâce à un business-model disruptif,
  • Expliquer comment une grande entreprise de taille mondiale peut changer avec succès de business-model,
  • Expliciter le fait qu’en raison d’environnements changeants tous les types d’organisations sont concernés par l’innovation de business-model (association, secteur public, etc).

Alain Bénichou – PDG IBM France

Première intervention, Alain Bénichou précise que 90% du chiffre d’affaire d’IBM étaient issus de la vente de matériel il y a de ça quelques années (le reste en logiciel/services). Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse et l’entreprise a dû innover sans cesse pour pouvoir procéder à cette bascule. Le Groupe a connu quelques passages très compliqués: IBM a été proche de la faillite en 1992 après avoir perdu 15Mds $. En effet, la société a pris trop tard conscience de l’importance des modèles Client-Serveur: ils ne sont pas passés loin du phénomène « Kodak » qui envoie dans les roses les ingénieurs qui présentent les photos numériques! Au lieu de penser Client-Serveur, IBM voyait déjà le Cloud et pensait « décentralisé » (en fait ils étaient trop en avance 😉 ). Le PDG d’IBM France revint aussi sur le fait que IBM est une entreprise mondiale et n’est pas plus américaine qu’Indienne. Absurdité que de se baser sur le nombre d’employés! Il faut savoir qu’ils sont quand même 115.000 IBMeurs en Inde et 50.000 aux USA.

L’Innovation chez IBM se traduit par la vente de la partie Micro-Informatique à Lenovo. Les rumeurs disent même qu’à IBM en 2004 un bonhomme a dit que les PC ne serviraient plus à rien car il y aura les smartphones et tablettes! Aujourd’hui, IBM présente clairement les choses: plein pôt sur le BigData. Alain Bénichou guide l’entreprise dans ce sens car « les paroles s’envolent et les écrit restent » (sauf pour les paroles Cahuzac…). Tout l’enjeu des prochaines années va être de savoir capter les données d’Internet (des réseaux sociaux) et les trier, vérifier leur véracité. Pour Innover et atteindre les « 40% du Business d’IBM orienté BigData », l’entreprise va engager une forte destruction créatrice qui est au gout d’Alain Bénichou, nécessaire mais très difficile surtout en France (oups ça a parlé Politique!).

Michaël Oualid – Porteur du FREE CAR PROJECT

Quelques mots sur l’intervention de Michaël Oualid qui présente le marché actuel de l’automobile comme déconnant: on achète des voitures de plus en plus chargées de gadgets inutiles à grands coups de plan de communication bidon. Le suréquipement est aujourd’hui de mise mais il est possible de valoriser d’autre chose dans l’automobile. Il prend en considération qu’une voiture coûte 3700€/an en moyenne en dehors de son prix d’achat. Michaël Oualid se demande pourquoi la voiture ne serait pas une market place et seraient subventionnée par microcommisionning, au même titre qu’un mobile chez Orange. Par exemple EDF paye 10% du prix d’achat de votre voiture électrique neuve, tout en sachant que votre consommation électrique rentabilisera l’investissement initial.

Jacques-Etienne de T’Serclaes – Agence pour le don en nature

Cet entrepreneur revient sur la forte résistance au changement, notamment le changement de business model. Il présente sa « place de marché » qui récupére les invendu des industriels (de l’aspirateur aux sous-vêtements) pour les redistribuer aux personnes les moins aisées au lieu de jeter les produits. Son but:créer un canal de distribution fiable entre le monde lucratif (industriels) et non lucratif (associations qui s’occupent des 8M d’exclus).Un modèle « Blue Ocean Strategy » car son agence ne pèse sur personne. 22M de produits neuf redistribué, il vise 100 Millions en 2015.

Yves Pigneur – co-auteur de Business-model Nouvelle Génération 

Yves Pigneur est co-auteur du fameux « Business Model Generation: Hop, voici le lien direct vers Amazon pour acheter le bouquin: Business Model Generation.

Pour chapeauter les trois premières présentations et après avoir demandé à l’assemblée d’échanger chacun avec son voisin pour définir ce qu’est un Business Model, Yves Pigneur propose de parler un langage commun pour définir les modèles économiques. Un Business Model, qu’est-ce que c’est ?

C’est un langage commun qui doit être:

  • Simple (facilement compréhensible pour des directeurs, entrepreneurs,…)
  • Holistique
  • Visuel

Il aborde ensuite le Design Thinking et décrit de quoi est composé sa vision du Business model. Segment de client, l’offre, la proposition de valeur, à qui je m’adresse, les canaux utilisés, la relation client, le modèle de revenu, la structure des coût…. Tous ces composants sont regroupés dans le Canevas disponible en libre service (Ici !). Ce canevas permet de comprendre, en le transposant au cas de Nespresso, pourquoi les Suisses dépensent 8 fois plus d’argent dans le café ! Nespresso est un ensemble de brevet, une marque forte, une relation client forte (cadeaux a Noël etc.), des partenariats (Moulinex, Bosh). L’innovation de cette société donne un résultat plutôt clair : 30% de croissance depuis 2012, même si, tout comme IBM en 92, Nespresso à failli disparaître en 1987…

Le professeur d’HEC Lausanne conclue son intervention en présentant la dernière étape de l’innovation, le diagnostic des modèles. Dans toute entreprise il  y a des batteries de chiffres, des analyses SWOT, mais aucune garantie de succès. Yves Pigneur mentionne l’exemple de Qualcomm qui perd 800M$ car ils n’ont pas demandé aux clients leur avis et n’ont écouté que les experts des hautes sphère à la direction générale. Seul moyen de savoir si son innovation va fonctionner: la tester incrémentalement chez les clients (un bon bouquin à ce sujet: Lean Startup).

Une conférence très intéressante avec un succès monstrueux. Je vous invite à consulter le blog de MTI pour connaître les prochaines dates: Blog MTI Review.

[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Responsable Innovation Numérique chez GDF SUEZ ?

L’innovation pour Wikipédia est  » une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

OlviierservoiseCommençons par Olivier Servoise (@olivierservoise), Responsable Innovation Numérique à GDF SUEZ.

Olivier, comment définis-tu l’Innovation?

C’est une démarche visant à générer et collecter des idées potentiellement créatrices de valeur, à les prototyper et les transformer en produits ou services.

Pour toi, que manque-t-il pour que chaque salariés innove dans son entreprise ?

J’ai l’habitude de dire qu’une bonne démarche d’Innovation bottom up est avant tout top down. C’est-à-dire qu’elle doit être impulsée au plus haut niveau de l’entreprise. D’autre part (et j’ai insisté sur ce point dans ma définition de l’innovation) une démarche d’innovation est avant tout un processus de transformation. Pour qu’une entreprise innove, il faut donc que son organisation le permette : que du temps d’employés puisse être dégagé pour les différentes étapes de la transformation.

A GDF SUEZ on distingue bien « Open Innovation » et « Innovation Participative » ? Quelle est la différence entre ces deux concepts?

L’Innovation participative est le premier pas vers l’open innovation. Quand on pense Open Innovation, on a souvent tendance à penser Innovation avec le monde extérieur alors que le premier réflexe devrait être d’aller voir si on ne dispose pas de la solution en interne. L’Innovation Participative est un déclencheur, quand on a commencé à solliciter des idées ou des réponses auprès de ses propres collaborateurs, le pas est rapidement franchi pour aller jusqu’à ses clients ou ses compétiteurs.

Quel rôle joues-tu actuellement dans l’Innovation ?

Quand j’ai commencé à travailler dans l’innovation, je me suis demandé quels étaient les points de contact entre IT et innovation. J’en ai trouvé quatre :

  • Consommateur : une DSI se doit d’être innovante pour améliorer son catalogue de service
  • Acteur : contribuer par l’IT aux innovations métiers
  • Contributeur : éclairer des potentialités IT les métiers pour participer à leurs innovations
  • Facilitateur : mettre au service de l’innovation des outils modernes qui permettent de doper les processus d’innovation

C’est à peu près l’ensemble des missions que je me suis donné : je réalise régulièrement des dossiers pédagogiques sur certaines technos ou usages, je fais le community manager pour que le processus continue de vivre, je lance des appels à idées, je fais le porteur pour les POC de ces idées et enfin je suis ambassadeur de l’Innovation Participative au sein de GDF SUEZ.

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Maintenir la démarche vivante, amener les collaborateurs à plus co-construire, diffuser la démarche au sein du groupe pour augmenter la taille du réseau et développer l’open innovation !

Je remercie beaucoup Olivier pour avoir répondu à mes questions. Je vous invite vivement à visiter son blog spécialisé sur l’Innovation Participative: http://innovationparticipative.wordpress.com/

Les outils de financement de l’innovation en France sont les meilleurs au monde !

Un rapide coup d’oeil sur le financement de l’innovation nous est gracieusement offert par Alma Consulting. Un comité d’expert issus de Cap Digital, OSEO, Paris Incubateurs, Finance Innovation, ESSEC (et bien d’autres) dressent un panorama de ces questions dans le baromètre international du financement de l’innovation. Qui finance la R&D des petites et grandes entreprises ? Quels résultats?

Voici quelques chiffres intéressants issus de ce baromètre:

  • Les aides publiques représentent 26% du financement total de la R&D (principalement Crédit Impôt Recherche et subventions)
  • Baisse de 4% des crédits publics consacrés à la R&D
  • En Espagne et Portugal, Baisse des financements beaucoup plus importante que dans les autres pays: 34 % vs 22 % en moyenne et 18 % en France.
  • En France, 55% du financement de la R&D est de l’autofinancement (66% pour les grands groupes)
  • 4500 JEI en 2012
  • 64% des entreprises françaises utilisent le CIR en 2012.

Une des conclusions à tirer de ce baromètre est que l’impact du financement de l’innovation est très fort sur l’augmentation du chiffre d’affaire et sur le développement des partenariats entre les entreprises. Malgré certaines craintes en France, le contexte reste propice à des subventions.

Les entreprises souhaitent une augmentation du nombre d’appel à projet ainsi que l’augmentation du taux de subvention (quitte à ce que les attributions soient plus sélectives). Toujours est-il que 72% des répondants ont affirmés penser que le CIR est l’outil le plus performant au monde en terme de fiscalité de l’innovation.