[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Business Angel ?

L’innovation pour Wikipédia est « une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

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Après l’interview d’Olivier Servoise, poursuivons ce tour de France de l’innovation avec Didier Tranchier (@Tranchier), Business Angel et Professeur de Gestion de l’Innovation.

Didier, comment définis-tu l’Innovation?

De manière générale, l’innovation est le processus de mise sur le marché de nouveaux services et produits. Concrètement, les technologies déployées dans le monde actuellement (internet, haut débit, smart phones) créent des conditions de transformation complète de l’économie et ouvrent des nouveaux marchés, des nouveaux canaux de distribution, de nouvelles manières d’interagir et de nouvelles industrie.

J’appelle la période que nous vivons « LA RENAISSANCE INDUSTRIELLE« . Cette renaissance/révolution complète de notre économie va durer plusieurs dizaines d’années et offre des opportunités illimitées pour des jeunes entreprises innovantes capables d’explorer ces nouveaux univers.

Comment analyses-tu la relation qu’ont les Grands Groupes avec l’Innovation ?

Il est étonnant de constater que les grands groupes, ceux qui ont accès aux marchés, aux ressources et aux études de marché, sont ceux qui ont le plus de difficultés à bénéficier de ces nouvelles opportunités et de ces nouveaux marchés. Rare en effet sont les groupes industriels qui vendent leur produits sur internet ou qui ont compris que l’internet leur permet de recevoir les suggestions / remarques de leurs clients utilisateurs afin d’améliorer leurs produits et services. Il est vrai également que la culture grand groupe est très différente, voire incompatible avec l’agilité, la prise de risque et la vitesse d’exécution des start-ups.

Pour autant, je crois que cette relation Grand Groupe / Startup est la clé de la réussite économique car elle permet de combiner le modèle industriel avec la créativité et l’innovation. En particulier, la France est l’un des pays les mieux placés pour bénéficier de cette opportunité. C’est la raison pour laquelle je consacre mon temps à construire cette relation Grand Groupe / Startup, mais cela nécessite que le Grand Groupe accepte de remettre en cause ses certitudes et sa stratégie industrielle passée pour examiner les opportunités de marché et bâtir une nouvelle stratégie basée sur l’innovation et la conquête de nouveaux marchés.

La crise est-elle pour toi un déclencheur d’Innovation ?

La crise actuelle est le signe d’une transformation radicale de notre système économique dont les futurs champions seront les Start-ups qui auront réussi à capturer une partie significative des ces nouveaux marchés ou bien les Grands Groupes qui auront une stratégie de conquête audacieuse et qui sauront tisser des liens de confiance avec des Start-ups. Vive la CRISE et vive l’INNOVATION !

Retour sur la Conférence MTI 2013: L’Innovation par le business model

Cette semaine une conférence a été organisée par le Master Management de la Technologie et de l’Innovation sur le thème : « L’innovation par le business model ». Les intervenants aux profils variés (grandes et petites structures) étaient:

  • Alain Bénichou, PDG d’IBM France ;
  • Yves Pigneur, enseignant-chercheur à HEC Lausanne et co-auteur de Business-model Nouvelle Generation ;
  • Michaël Oualid, porteur du projet Free Car Project ;
  • Jacques-Etienne de T’Serclaes, Président de l’Agence pour le Don en Nature.

Les objectifs de ces intervention étaient:

  • Réaliser une présentation très pédagogique de la conception et ré-génération d’un business-model,
  • Parler des freins et espoirs de révolutionner un secteur grâce à un business-model disruptif,
  • Expliquer comment une grande entreprise de taille mondiale peut changer avec succès de business-model,
  • Expliciter le fait qu’en raison d’environnements changeants tous les types d’organisations sont concernés par l’innovation de business-model (association, secteur public, etc).

Alain Bénichou – PDG IBM France

Première intervention, Alain Bénichou précise que 90% du chiffre d’affaire d’IBM étaient issus de la vente de matériel il y a de ça quelques années (le reste en logiciel/services). Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse et l’entreprise a dû innover sans cesse pour pouvoir procéder à cette bascule. Le Groupe a connu quelques passages très compliqués: IBM a été proche de la faillite en 1992 après avoir perdu 15Mds $. En effet, la société a pris trop tard conscience de l’importance des modèles Client-Serveur: ils ne sont pas passés loin du phénomène « Kodak » qui envoie dans les roses les ingénieurs qui présentent les photos numériques! Au lieu de penser Client-Serveur, IBM voyait déjà le Cloud et pensait « décentralisé » (en fait ils étaient trop en avance 😉 ). Le PDG d’IBM France revint aussi sur le fait que IBM est une entreprise mondiale et n’est pas plus américaine qu’Indienne. Absurdité que de se baser sur le nombre d’employés! Il faut savoir qu’ils sont quand même 115.000 IBMeurs en Inde et 50.000 aux USA.

L’Innovation chez IBM se traduit par la vente de la partie Micro-Informatique à Lenovo. Les rumeurs disent même qu’à IBM en 2004 un bonhomme a dit que les PC ne serviraient plus à rien car il y aura les smartphones et tablettes! Aujourd’hui, IBM présente clairement les choses: plein pôt sur le BigData. Alain Bénichou guide l’entreprise dans ce sens car « les paroles s’envolent et les écrit restent » (sauf pour les paroles Cahuzac…). Tout l’enjeu des prochaines années va être de savoir capter les données d’Internet (des réseaux sociaux) et les trier, vérifier leur véracité. Pour Innover et atteindre les « 40% du Business d’IBM orienté BigData », l’entreprise va engager une forte destruction créatrice qui est au gout d’Alain Bénichou, nécessaire mais très difficile surtout en France (oups ça a parlé Politique!).

Michaël Oualid – Porteur du FREE CAR PROJECT

Quelques mots sur l’intervention de Michaël Oualid qui présente le marché actuel de l’automobile comme déconnant: on achète des voitures de plus en plus chargées de gadgets inutiles à grands coups de plan de communication bidon. Le suréquipement est aujourd’hui de mise mais il est possible de valoriser d’autre chose dans l’automobile. Il prend en considération qu’une voiture coûte 3700€/an en moyenne en dehors de son prix d’achat. Michaël Oualid se demande pourquoi la voiture ne serait pas une market place et seraient subventionnée par microcommisionning, au même titre qu’un mobile chez Orange. Par exemple EDF paye 10% du prix d’achat de votre voiture électrique neuve, tout en sachant que votre consommation électrique rentabilisera l’investissement initial.

Jacques-Etienne de T’Serclaes – Agence pour le don en nature

Cet entrepreneur revient sur la forte résistance au changement, notamment le changement de business model. Il présente sa « place de marché » qui récupére les invendu des industriels (de l’aspirateur aux sous-vêtements) pour les redistribuer aux personnes les moins aisées au lieu de jeter les produits. Son but:créer un canal de distribution fiable entre le monde lucratif (industriels) et non lucratif (associations qui s’occupent des 8M d’exclus).Un modèle « Blue Ocean Strategy » car son agence ne pèse sur personne. 22M de produits neuf redistribué, il vise 100 Millions en 2015.

Yves Pigneur – co-auteur de Business-model Nouvelle Génération 

Yves Pigneur est co-auteur du fameux « Business Model Generation: Hop, voici le lien direct vers Amazon pour acheter le bouquin: Business Model Generation.

Pour chapeauter les trois premières présentations et après avoir demandé à l’assemblée d’échanger chacun avec son voisin pour définir ce qu’est un Business Model, Yves Pigneur propose de parler un langage commun pour définir les modèles économiques. Un Business Model, qu’est-ce que c’est ?

C’est un langage commun qui doit être:

  • Simple (facilement compréhensible pour des directeurs, entrepreneurs,…)
  • Holistique
  • Visuel

Il aborde ensuite le Design Thinking et décrit de quoi est composé sa vision du Business model. Segment de client, l’offre, la proposition de valeur, à qui je m’adresse, les canaux utilisés, la relation client, le modèle de revenu, la structure des coût…. Tous ces composants sont regroupés dans le Canevas disponible en libre service (Ici !). Ce canevas permet de comprendre, en le transposant au cas de Nespresso, pourquoi les Suisses dépensent 8 fois plus d’argent dans le café ! Nespresso est un ensemble de brevet, une marque forte, une relation client forte (cadeaux a Noël etc.), des partenariats (Moulinex, Bosh). L’innovation de cette société donne un résultat plutôt clair : 30% de croissance depuis 2012, même si, tout comme IBM en 92, Nespresso à failli disparaître en 1987…

Le professeur d’HEC Lausanne conclue son intervention en présentant la dernière étape de l’innovation, le diagnostic des modèles. Dans toute entreprise il  y a des batteries de chiffres, des analyses SWOT, mais aucune garantie de succès. Yves Pigneur mentionne l’exemple de Qualcomm qui perd 800M$ car ils n’ont pas demandé aux clients leur avis et n’ont écouté que les experts des hautes sphère à la direction générale. Seul moyen de savoir si son innovation va fonctionner: la tester incrémentalement chez les clients (un bon bouquin à ce sujet: Lean Startup).

Une conférence très intéressante avec un succès monstrueux. Je vous invite à consulter le blog de MTI pour connaître les prochaines dates: Blog MTI Review.

[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Responsable Innovation Numérique chez GDF SUEZ ?

L’innovation pour Wikipédia est  » une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

OlviierservoiseCommençons par Olivier Servoise (@olivierservoise), Responsable Innovation Numérique à GDF SUEZ.

Olivier, comment définis-tu l’Innovation?

C’est une démarche visant à générer et collecter des idées potentiellement créatrices de valeur, à les prototyper et les transformer en produits ou services.

Pour toi, que manque-t-il pour que chaque salariés innove dans son entreprise ?

J’ai l’habitude de dire qu’une bonne démarche d’Innovation bottom up est avant tout top down. C’est-à-dire qu’elle doit être impulsée au plus haut niveau de l’entreprise. D’autre part (et j’ai insisté sur ce point dans ma définition de l’innovation) une démarche d’innovation est avant tout un processus de transformation. Pour qu’une entreprise innove, il faut donc que son organisation le permette : que du temps d’employés puisse être dégagé pour les différentes étapes de la transformation.

A GDF SUEZ on distingue bien « Open Innovation » et « Innovation Participative » ? Quelle est la différence entre ces deux concepts?

L’Innovation participative est le premier pas vers l’open innovation. Quand on pense Open Innovation, on a souvent tendance à penser Innovation avec le monde extérieur alors que le premier réflexe devrait être d’aller voir si on ne dispose pas de la solution en interne. L’Innovation Participative est un déclencheur, quand on a commencé à solliciter des idées ou des réponses auprès de ses propres collaborateurs, le pas est rapidement franchi pour aller jusqu’à ses clients ou ses compétiteurs.

Quel rôle joues-tu actuellement dans l’Innovation ?

Quand j’ai commencé à travailler dans l’innovation, je me suis demandé quels étaient les points de contact entre IT et innovation. J’en ai trouvé quatre :

  • Consommateur : une DSI se doit d’être innovante pour améliorer son catalogue de service
  • Acteur : contribuer par l’IT aux innovations métiers
  • Contributeur : éclairer des potentialités IT les métiers pour participer à leurs innovations
  • Facilitateur : mettre au service de l’innovation des outils modernes qui permettent de doper les processus d’innovation

C’est à peu près l’ensemble des missions que je me suis donné : je réalise régulièrement des dossiers pédagogiques sur certaines technos ou usages, je fais le community manager pour que le processus continue de vivre, je lance des appels à idées, je fais le porteur pour les POC de ces idées et enfin je suis ambassadeur de l’Innovation Participative au sein de GDF SUEZ.

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Maintenir la démarche vivante, amener les collaborateurs à plus co-construire, diffuser la démarche au sein du groupe pour augmenter la taille du réseau et développer l’open innovation !

Je remercie beaucoup Olivier pour avoir répondu à mes questions. Je vous invite vivement à visiter son blog spécialisé sur l’Innovation Participative: http://innovationparticipative.wordpress.com/

Les 5 dernières levées de fonds en France représentent 8,8 M€

Fly’n’Sense : spécialistes dans les technologies micro/mini drone

Créé en 2008, Fly-N-Sense conçoit et développe des drones pour une utilisation dans les domaines de la sécurité (inspection de sites, détection de menaces), Environnement (Détection de pollution, impact de l’activité humaine), Etude (archéologie, atmosphérique, géologie) et dans l’industrie (Inspection de réseaux, Inspection d’infrastructures). CA de 180 k€. Levée de 900 k€ auprès d’investisseurs privés.

Gourmandes et Cie : conçoit et fabrique des biscuits aux recettes inédites

Créé en 2010, Gourmandes et Cie est une biscuiterie artisanale qui rassemble une communauté de gourmandes sur Facebook. La biscuiterie conçoit et fabrique les produits demandés par les futurs clients (aspect à appuyer, et rendre encore plus collaboratif la conception des gâteaux serait sûrement profitable). CA de 17 k€. Levée de 100 k€ auprès de MPCROISSANCE et INTELLAGRI.

Ad Valem Technologies : Spécialiste du transport de flux Broadcast par voies terrestres et satellitaires

Créé en 2008, Ad valem Technologies est un opérateur Telecom dont les activités passent de l’infogérance à la sauvegarde jusqu’à l’hébergement d’infrastructures informatiques. Des activités variés, mais un besoin de compétences dans les datacenters qui n’est pas prêt de disparaître. Au passage, ils recrutent des ingénieurs et techniciens réseaux (offres). CA de 1,3 M€. Levée de 6,5 M€ auprès de VENTECH et A PLUS FINANCE.

Nr Gaia : Producteur Ouate de cellulose, isolant écologique

Créé en 2000, NR GAIA est fabricant et distributeur de ouate de cellulose (fabriquée avec des journaux recyclés) pour l’isolation des maisons. une solution innovante, écologique et performante. Le chiffre d’affaire en témoigne: CA de 4 M€. Levée de 1 M€ auprès de CALAO FINANCE, EURO CAPITAL, SIPAREX PROXIMITE INNOVATION.

Dog Finance : réseau socio-professionnel français spécialisé dans la finance

Créé en 2010, Dog Finance est le 1er réseau pour trouver des emplois/stages en finance, banque, comptabilité, assurance, gestion, audit, IT finance. Bonne présence sur Twitter avec 3000 abonnés et une bonne communication. CA de 150 k€. Levée de 300 k€ auprès de BUSINESS ANGELS.

Google Ventures et ses 4 start-up innovantes dans le secteur de l’énergie

Google participe à travers sont fond d’investissement à l’aventure de 4 entreprises très intéressantes dans le secteur de l’énergie. En voici un rapide aperçu :

Clean Power Finance: dynamiser le solaire

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Cette société installée à San Francisco (tiens donc) est un fournisseur de solutions de financement dans l’industrie de l’énergie solaire. La start-up va profiter de l’adoption massive des panneaux solaires auprès des particuliers pour proposer de financer l’installation des équipements et se faire l’intermédiaire entre les constructeurs et les clients finaux. En effet, les milliers d’euros à débourser pour installer des panneaux (oui mais c’est rentables après 20ans!) en refroidissent plus d’un ! Clean Power Finance permet de ne pas payer cash des panneaux solaires en intégrant des tierces parties dans le financement de ceux-ci. Google doit aussi penser qu’un petit coup de pouce aux particulier va aider à dynamiser le secteur.

SilverSpring: le SmartGrid de demain SSpring

Silver Spring a l’ambition d’être le fournisseur n°1 de Smart Grid. Le Smart Grid est l’ensemble des réseaux de distribution d’électricité « intelligent ». C’est ce réseaux intelligent qui permettra au breton que je suis de vendre l’hiver mon surplus électricité produite par mon éolienne et d’acheter en été l’électricité produite par le panneau solaire des amis marseillais. A côté de ça, il faut dire que SilverSpring s’intéresse à pas mal de choses autour de l’électricité: station de recharge de véhicules électrique,  amélioration de l’efficience des équipements, développement d’applications mobiles pour gérer tout ça.

transform

Transform: réduire de 90% les pertes de conversion électrique

La start-up Transform propose une technologie qui permet d’éliminer jusqu’à 90% des pertes électriques de conversion. Cette boîte prometteuse commercialise des composants avec du Gallium Nitride qui permet de rendre plus efficient un panneau solaire ou un serveur grâce à des circuits électrique plus compacts, plus efficace et qui induisent moins de pertes énergétique.

Nest: le coup de coeur ! nest

Vraiment un projet excellent, et autant commencer par la présentation en vidéo:

Nest développe et commercialise un thermostat qui permet de mesurer la consommation énergétique de son logement, la température, l’humidité, et d’en faire un reporting. A la lecture des reporting les utilisateurs vont pouvoir calibrer et programmer le chauffage (via ordinateurs/mobiles) suivant les habitudes de vie de ceux-ci. En résumé, le système de chauffage se mettra en fonctionnement 30 minutes avant que vous rentriez chez vous (au lieu de tourner plein pot toute la journée).

Des projets à suivre qui risquent de donner des choses intéressantes !

Les outils de financement de l’innovation en France sont les meilleurs au monde !

Un rapide coup d’oeil sur le financement de l’innovation nous est gracieusement offert par Alma Consulting. Un comité d’expert issus de Cap Digital, OSEO, Paris Incubateurs, Finance Innovation, ESSEC (et bien d’autres) dressent un panorama de ces questions dans le baromètre international du financement de l’innovation. Qui finance la R&D des petites et grandes entreprises ? Quels résultats?

Voici quelques chiffres intéressants issus de ce baromètre:

  • Les aides publiques représentent 26% du financement total de la R&D (principalement Crédit Impôt Recherche et subventions)
  • Baisse de 4% des crédits publics consacrés à la R&D
  • En Espagne et Portugal, Baisse des financements beaucoup plus importante que dans les autres pays: 34 % vs 22 % en moyenne et 18 % en France.
  • En France, 55% du financement de la R&D est de l’autofinancement (66% pour les grands groupes)
  • 4500 JEI en 2012
  • 64% des entreprises françaises utilisent le CIR en 2012.

Une des conclusions à tirer de ce baromètre est que l’impact du financement de l’innovation est très fort sur l’augmentation du chiffre d’affaire et sur le développement des partenariats entre les entreprises. Malgré certaines craintes en France, le contexte reste propice à des subventions.

Les entreprises souhaitent une augmentation du nombre d’appel à projet ainsi que l’augmentation du taux de subvention (quitte à ce que les attributions soient plus sélectives). Toujours est-il que 72% des répondants ont affirmés penser que le CIR est l’outil le plus performant au monde en terme de fiscalité de l’innovation.

Les 8 secteurs qui explosent en 2013 et les start-up françaises bien positionnées

Beaucoup de mouvement en perspective pour 2013 et un paquet de marché de niche à exploiter. Forbes a dégoté 8 secteurs très porteurs cette année. Listons les et voyons quelles start-up en France se sont positionnées dessus.

1. Développement des jeux pour réseaux sociaux

Depuis 5 ans le marché a été étendu de 184%. Pourquoi en 2013 il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête ? La croissance de l’utilisation des terminaux mobiles fait que les gens passent beaucoup plus de temps sur les médias sociaux et principalement sur les jeux. Croissance estimée pour 2013: 32%.

Une start-up française à citer est Adictiz (@Adictiz), créée en 2009 par Charles Christory et compte aujourd’hui 40 personnes. La société développe et édite des jeux sociaux sur le web et sur téléphones mobiles, notamment le célèbre « Paf Le Chien ». Ils ont levé 2 millions d’euros en novembre 2012 et à ce jour, il y a quand même 2,5 millions de joueurs  qui tapent dans un chien tous les mois. Pauvre bête.

2. Salles de données virtuelles (SDV) ou Virtual data rooms (VDR)

Les Salles de Données Virtuelle sont des salles créées lors de potentielles Fusion-Acquisition. Le vendeur crée une salle de données pour que les investisseurs puissent réaliser leur due diligence (vérification de la situation de l’entreprise avant la transaction). Historiquement tout était physique dans des grandes salles qui stockaient des milliers de documents hautement confidentiels. Aujourd’hui il est possible de créer cette salle virtuellement, mais quelques problèmes restent difficilement maîtrise (toujours possible de faire une copie d’écran alors que dans la salle physiquement, impossible de reproduire un document). Il y a pourtant un avantage certain pour créer une SDV: consultation des données partout dans le monde 24/7, rapide, moins cher.

Je n’ai pas trouvé de start-up française sur ce secteur, si vous en connaissez une je suis très intéressé. Je vais donc mentionner la société qui a une écrasante présence, Intralinks, et espère que des Frenchies iront les forcer à partager la part du gâteau de 16% de croissance en 2013.

3. Vente de chaussures en ligne

Croissance estimée à 14.5% cette année, les leaders (Zappo’s et FootLocker) ont seulement 16% du marché. Des niches restent inexploitées et la startup Faguo (@FAGUOshoes) s’est mise à vendre des chaussures casual et trendy aux 20 à 35 ans. 1,5 millions levés, un CA en 2012 de 2M€, et chaque paire vendue permet la plantation d’un arbre. Pas de rapport, mais ça fonctionne ! Leur vidéo de présentation est très sympa:

4. Services d’investigation numérique légale (Digital forensics)

Un nom bien barbare, qui décrit le service qui permet de reconstruire les données et trouver des preuves numériques dans du matériel informatique. Dans « Les experts » c’est le scientifique qui décrypte le disque dur du suspect alors que ce dernier est resté 2 semaines dans l’eau de mer après s’être fait écrasé par un camion. Ces services sont prisés entre autre par les assurances (détection de fraudes), la police.

Les 11% de croissance en 2013 méritent que des start-up se créer dans ce secteur car le nombre de données augmente et le secteur et est peu régulé ce qui rend plus facile la création de société! Aujourd’hui on retrouve beaucoup de sociétés axés sur le rétablissement des données (Recovery Labs), la protection de fraudes pour les entreprises (LMPS Consulting), mais pas de sociétés de service proche des institutionnels comme la police ou les assurances.

5. Conseil en sécurité des systèmes d’informations

Un secteur très mure et pourtant, nous allons connaitre une croissance de 9% en 2013. L’émergence continue de nouvelles technologies entraîne la demande en expertise en sécurité des SI.

6. Agence de voyage en ligne

Beaucoup d’agence de voyage en ligne voient le jour (croissance du marché de 4% par an depuis 5 ans). De nouvelles opportunités s’ouvrent surtout dans la niche de la vente de package de vacances complexe et personnalisée. Il est si peu coûteux d’ouvrir une agence de voyage en ligne que beaucoup de compétiteur vont arriver cette année. La croissance estimée de 6% en 2013 va être exploitée par TravelRoad (@TravelRoadApp) qui se lance sur ce marché prometteur et que j’ai présenté sur ce blog précédemment.

7. TV et home-cinéma

Peu de capital nécessaire pour lancer une start-up dans ce secteur et un nombre impressionnant de foyer achètent des grands écrans et des home-cinéma. Une croissance de 67% de la VOD aux US qui laissent penser à une croissance de 4% attendue en 2013 dans les services d’installation de home-cinéma. Pour les lecteurs intéressés par la stratégie de l’innovation dans les métiers de l’image, je les oriente vers @olivez et son blog Opinions Libres.

8. Services de traduction

Une modeste croissance de 3% en 2013 issu de la mondialisation et donc de la demande croissante en traduction. Que ce soit dans le monde des affaires ou pour les particuliers, Internet rend plus facile aux traducteurs de se rapprocher des clients. La start-up française à mentionner ici est TextMaster qui met en relation les traducteurs et les clients. Cette start-up propose aux clients de faire traduire, rédiger et corriger des documents. D’un autre côté, elle « recrute » des traducteurs qui souhaitent monétiser leur talent. Un intermédiaire parfait pour la création de contenu international.

Et vous, quel secteur vous semble le plus intéressant à exploiter ?