Les innovations de la Performance Applicative pour réconcilier IT et Business

Pour rendre possible à une entreprise de gérer ses stocks, vendre ses produits en ligne ou trader des matières premières, les services informatiques des entreprises ont toujours une vocation simple mais aisément oubliée: servir le business. Ce qui compte réellement pour l’entreprise n’est pas un débit réseau élevé ou un logiciel performant. Il faut que l’utilisateur final puisse faire ce qui compte pour l’entreprise. Trop longtemps mis au second plan, cet utilisateur final devient la perspective principale de l’IT.

L’Utilisateur Final, cet acteur trop longtemps oublié

Historiquement, nous mesurions les performances des services informatiques par le respect des engagements techniques dans nos datacenters. Dans l’utilisation d’une application, les requêtes d’un utilisateur transitent entre différentes couches que nous contrôlons soigneusement. Le réseau ne congestionne pas, nos bases de données consomment peu de ressource processeur, la mémoire de nos serveurs applicatifs est suffisante et leur accès est rapide. Aucune raison que l’utilisateur soit mécontent. Faux !

« Un service applicatif n’est pas la somme de ses composants »

L’Application est considérée à tord comme un logiciel qui tourne sur un vulgaire serveur. Le point de vue « Infrastructure » ne suffit pas à justifier de la performance de son service. Les mesures peuvent être individuellement bonnes mais nous ne nous intéressons pas à l’utilisateur. Le danger en procédant ainsi : nous ne remplissons pas notre objectif 1er: servir le Business en pilotant son expérience IT. Il faut changer de point de vue.

Pourquoi l’Expérience Utilisateur est l’indicateur phare?

Les composants qui contribuent à l’expérience utilisateur sont très nombreux : le poste de travail, la tablette, le navigateur web, le réseau, le serveur web et son hébergement, les codes des applications, les connexions entre les bases de données et votre serveur d’application, les requêtes dans les bases de données et leur logiciels…et encore beaucoup d’autres ! La complexité est croissante et il devient irréalisable de monitorer chacun de ces composants pour chacune des applications et pour tous les utilisateurs.

Comment alors mesurer l’Expérience Utilisateur ?

Les techniques de mesures différent et peuvent passer par:

  • L’utilisation de robots : un automate reproduit le comportement d’un utilisateur agissant sur l’interface d’une application en production;
  • La capture de paquets réseau : utilisé pour fournir une granularité d’information fine et le diagnostic;
  • L’instrumentation d’un composant: installer un agent logiciel spécifique sur un serveur ou sur un poste de travail, il est possible de récolter des transactions utilisateur détaillées.

La différence entre les solutions d’APM va résider dans le nombre de technologies compatibles (Java, .Net, Citrix, SAP, etc.), l’interface de visualisation des performances et son ergonomie, la complexité d’implémentation dans votre environnement. Cependant, ces solutions d’APM ne peuvent être déployées sans redéfinir l’engagement du service IT.

« Si l’Expérience Utilisateur est bonne, toutes les autres métriques deviennent superflues »

Les DSI ne managent plus des engagements techniques mais des services. L’approche top-down des APM a deux avantages. Tout d’abord les problèmes de performances deviennent factuels. Ensuite, ils permettent une investigation constructive de la source du problème. Au lieu de mobiliser des équipes différentes pour regarder individuellement les performances de chaque composants, on procède par déduction.

Efficace pour la DSI et bénéfique pour le Business: nous avons trouvé un langage commun !

L’innovation comme réponse au changement climatique ou comment les start-ups vont sauver le monde

acd2b03add45c56fec9ae01c066f7Le 21 novembre a eu lieu la conférence organisée par Total sur le thème « Energie et Climat ». Cette conférence réunit une quantité et une qualité d’intervenants impressionnantes.  Introduite par Philippe Boisseau, Président de la branche Marketing & Services et Energies Nouvelles, membre du COMEX du Groupe Total, il présente la vision du groupe Total : « en 2050, la source principale d’énergie sera solaire ». Cette vision est partagée par Elon Musk, CEO (entre autres) de SolarCity qui livre dans sa conférence TED que je vous recommande infiniment de voir : « Je suis sûr que le solaire battra tout le reste sur le terrain y compris le gaz naturel. Il le doit en fait… S’il ne le faisait pas nous aurions de gros problèmes ».

Effectivement, le passage à une source principale solaire ne peut se faire sans énormément d’adaptations et d’innovations. Philippe Boisseau rappelle justement que l’innovation, chez Total et ailleurs,  est un changement d’état d’esprit. Raccourcir le time-to-market ou changer des processus d’une société de 100.000 personnes ne se fait pas (encore) du jour au lendemain. Je vous propose de découvrir cette conférence par l’interprétation que j’ai pue en faire du point de vue de l’innovation et des start-ups. Abordons d’abord les problèmes que posent le changement climatique, quels sont les nouveaux paradigmes à appréhender et enfin quelles sont les solutions que proposent les startups.

La problématique du climat : agir n’est pas un choix

Le premier constat présenté par le climatologue Hervé Le Treut est simple mais grave : les scénarios de réchauffements climatiques prévus se sont réalisés. Les calculs des scientifiques montrent que ce réchauffement résulte principalement des émissions de CO2.

Le deuxième constat est la croissance de la population qui entraîne, avec nos modes de consommation actuels, et cette précision est fondamentale, une croissance de la demande en énergie. Pour répondre à cette offre, les émissions de CO2 seront en croissance avec les modes de production actuels. Hervé Le Bras, Démographe, dresse plusieurs tendances. Le taux de croissance entre 1950 et 2020 a été divisé par deux. Ensuite, les populations vont s’étendre majoritairement en zone péri-urbaine : nous apercevons donc de nouveaux challenges pour le transport de l’électricité dans ces zones et le besoin croissant en transports pour rejoindre son travail en ville. Par ailleurs, en 2050, la moitié de la croissance démographique mondiale sera représentée par la zone Afrique Centre/Sud/Ouest. Seuls des renforts de l’éducation peuvent limiter cette croissance étourdissante.

Laura Cozzi dirige une équipe d’analyste en charge de produire des projections sur l’énergie au sein de l’IEA (International Energy Agency). Ses analyses montrent qu’en 2040, la Chine représentera 50% de la demande en charbon. Les résultats des recherchent démontrent ainsi qu’agir sur les modes de productions n’est pas un choix. L’objectif est de transformer cet ensemble de contraintes en opportunités pour faire émerger des solutions sinon rien ne changera. Comme nous allons le voir maintenant, ce n’est pas simple mais possible avec de l’audace.

Transformer cette contrainte en opportunité : de nouveau paradigmes

L’analyse du professeur d’économie Pierre-Noël Giraud est très intéressante à garder en tête : dans ses travaux sur le capital naturel, il soutient que nous ne rencontrons aucune contrainte du côté de l’épuisement des ressources dites épuisables: nous avons déjà découvert beaucoup plus de carbone fossile que nous ne pourrons nous permettre d’en brûler si nous prenons l’effet de serre au sérieux. En revanche, « nous avons de très sérieux problèmes de poubelles », c’est-à-dire de destruction d’écosystèmes vivants par nos émissions de déchets de toutes sortes, dont les gaz à effet de serre. Finalement la question de la quantité de ressource épuisable n’est pas une question. Si nous prenons l’exemple du pétrole, plus il sera rare ou difficile d’exploiter, moins la production sera importante. A demande identique, les prix augmenteront ce qui permettra d’exploiter des zones plus difficiles techniquement à exploiter. Si aujourd’hui nous estimons des réserves de 40 ans, il en sera surement de même dans 40 ans…

Bruno Rebelle, CEO de Transitions et ex-Directeur Exécutif de Greenpeace France, partage cette analyse: aucune utilité de chercher plus de ressources naturelles. Sa proposition, qu’il imagine plus incitative que punitive, consiste à réorienter les subventions pour la production d’énergies issue de ressources fossiles vers les ressources naturelles. Cette réorientation est d’après Pierre-Noël Giraud possible mais à risque, car si elle entraîne une augmentation de prix pour les plus pauvres, jamais elle sera possible. Les chiffres que soutient Bruno Rebelle concernent les emplois crées par le secteur des énergies renouvelables. Pour 1M€ investit, 19 emplois sont crées dans le domaine de l’efficacité énergétique, 14 emploi si investit dans le domaine des énergies renouvelables, 5 emplois dans le charbon ou le nucléaire. De même pour produire 1 MWh d’électricité, il faut 9 emplois dans solaire contre 3,3 dans l’éolien et 1 dans le nucléaire. Ces chiffres qualifiés par Pierre-Noël Giraud de « Marketing », ne prennent en effet pas en compte la pérennité des emplois et ne sont pas une solution en elles même au réchauffement climatique mais seulement un levier d’acceptabilité pour appliquer des politiques favorables à ces modes productions.

En synthèse, nous pouvons dresser  la liste non exhaustive de contraintes à prendre en compte dans le business à créer:

  • Pas d’augmentation de prix pour les consommateurs ;
  • Création d’emplois pérennes pour favoriser l’adoption des solutions ;
  • Une éducation renforcée pour limiter les croissances démographiques;
  • Une meilleure efficacité énergétique des solutions existantes;
  • Une production basée sur des ressources renouvelables.

Les start-ups : solution de résilience à la crise

Le Philosophe Frédéric Lenoir est intervenu pour changer notre angle de vue sur cette crise. Auteur de « La Guérison du monde », il rappelle que l’étymologie du mot crise est « cela ne peut plus continuer comme cela ». Le choc de la mondialisation entraîne un choc des cultures, et deux axes sont à exploiter pour trouver des solutions. Le premier est l’internationalisation des règles et des régulations. Le deuxième est la conscience de l’individu. En citant Gandhi « soyons le changement que nous voulons voir dans le monde », il insiste sur le fait qu’il faut être optimiste et voir ces problèmes sous un nouvel angle. En effet, le changement climatique est une crise qui va donner naissance a beaucoup d’aventures entrepreneuriales! Comme m’a dit Didier Tranchier dans son interview sur ce blog: « Vive la Crise ! ». Voici pourquoi.

ECHY – Connectez-vous au soleil !

IMG_4953La start-up qui vient de lever 500 k€ propose d’installer des panneaux de captation de la lumière du soleil pour la transmettre par fibre optique à l’intérieur d’immeubles. Les panneaux ont une durée de vie de 40 à 50 ans et tous ses composants peuvent être recyclés. Pour l’heure, les prix des panneaux restent toujours élevés au regard d’autres solutions mais Echy compte diviser les coûts par quatre en multipliant par deux le rendement optique.

Expliseat – Light and durable aircraft solutions

IMG_4964Cette start-up propose de faire économiser entre 3 et 5% de carburant, soit jusqu’à 500.000 dollars, par avion et par an. Comment ? En développant le siège d’avion le plus léger du monde, de 4kg par place. Le siège le plus léger du marché pesait minimum 8 kg. Une étape conséquente a été franchie en septembre dernier : ils ont obtenus la certification américaine de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA). Un pitch remarquable pour présenter une grande innovation Made in France dans un marché qu’on pensait verrouillé…

Algopack – Réduisons notre dépendance au plastique par une matière vertueuse

IMG_4977Les ancêtres bretons de Rémy Lucas récoltaient les algues sur les plages pour en faire des engrais ou encore du verre. Depuis près de 15 ans, il se consacre à cette idée: remplacer le plastique par l’algue. En 2010, il crée Algopack. 1,5 million d’euro déjà investis pour développer l’entreprise. Algopack est la première entreprise au monde à fabriquer et à commercialiser un matériau à base d’algues. À la clé, Algo Blend, 50% algues et 50% plastiques et surtout, ce nouveau matériau 100% à base d’algues Algopack. Ces dernières sont cultivées en mer. De 12 hectares, Algopack va étendre sa culture à 145 hectares. L’algue ne consomme pas d’engrais, de pesticides, pas de quantité importante d’eau. Emballages, jouets, revêtements de sol, panneaux de signalisation… tout est possible avec ces algues. Le groupe vise un chiffre d’affaires de 30 millions d’euro d’ici 5 ans. Il réalise déjà 80% de ses ventes à l’export

Global Bio Energies – Un procédé unique pour produire autrement

IMG_4974Cette start-up introduite en bourse a mise au point un procédé pour permettre de produire du caoutchouc, des plastiques et carburants à partir de ressources renouvelables tels que le  sucre ou les céréales. Bientôt, il sera possible de faire de même avec de la paille ou des copeaux de bois. Global Bioenergies est l’une des rares sociétés au monde et la seule en Europe à développer un procédé de conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation. La société continue d’améliorer le rendement de son procédé, et se prépare à mener des tests en pilote industriel.

Jestocke.com –Garde-meuble entre particuliers

Cette société offre la possibilité aux internautes de mettre gratuitement en ligne une annonce à destination des voisins désirant louer leurs mètres carrés en surplus. Le site ambitionne de devenir pour les particuliers une alternative moins chère et plus facile d’accès aux centres de self-stockage.

MyRecyclestuff – Réseau social de troc circulaire

Le troc circulaire s’inscrivant dans le modèle de la consommation collaborative est une initiative innovante. Depuis sa création en septembre 2013, la plateforme a fait de nombreux heureux, puisque le réseau social compte désormais 5000 troqueurs actifs et une communauté de 15 000 personnes. On trouve quasiment tout sur la plateforme: jeux vidéos, DVD, CD, articles de décoration et de sport, vêtements pour enfants, articles de mode mais aussi cours en tout genre.

Pourquoi ces start-up sont parfaitement positionnées?

Le changement climatique est une opportunité pour ces jeunes sociétés. Des créations d’emplois à la clef et des modifications de nos modes de consommation sont en cours. Les paradigmes sont complètement nouveaux. Le point commun entre ces startup? Elles proposent toutes l’une des composantes suivantes: consommer différemment (MyRecyclestuff, Jestocke.com), gagner en efficacité énergétique (Expliseat, Echy) ou produire de façon responsable une énergie plus propre (GlobalBioEnergies, Algopack). Avec de l’optimisme, de l’audace et un accompagnement intelligent des grand groupes, les startups sont les meilleures représentantes de ce changement et ont tout pour réussir.

Pourquoi Total s’intéresse au développement régional, aux PME et à l’INNOVATION

Lors des 3èmes rencontres parlementaires sur l’Industrie (16 avril 2013), Total a ré-exprimé son intérêt pour l’Innovation. Une bonne occasion pour retranscrire l’intervention de Philippe DESRIAC, Expert Innovation à « Total Développement Régional ».

rencontres-industire

Contexte général

La crise économique que nous traversons est un révélateur de la fragilité des PME qui doivent faire face à une concurrence de plus en plus vive dans un environnement en perpétuel changement. De par ses caractéristiques, (proportion importante de TPE, forte activité de service / sous-traitance avec une dépendance vis-à-vis de quelques donneurs d’ordres) les PME françaises sont touchées et il faut donc envisager une action vigoureuse visant une amélioration de la compétitivité de ces entreprises.

Selon nous, cette amélioration de la compétitivité est étroitement liée à l’adoption d’une démarche active d’innovation seule capable d’assurer une différenciation favorable, la création de valeur indispensable et par suite, la création d’emplois et le développement durable des entreprises.

Rôle d’une grande entreprise

La dimension de Total et sa stature internationale ne nous font pas oublier notre responsabilité au plan local et nous conduisent à nous montrer solidaire des entreprises de plus petite taille qui se créent, se développent et se transmettent notamment dans les régions françaises qui accueillent nos activités industrielles. Un point très important est que, le cadre de cette politique, Total intervient en complémentarité avec les acteurs publics et les instituions dont la mission est de favoriser le développement économique local.

Ainsi, face aux situations exceptionnelles de toutes natures (diversifications économiques, redéploiements industriels, ré industrialisations, catastrophes accidentelles ou intentionnelles), le Groupe réagit au travers de dispositifs d’accompagnement économique et social comme cela a été le cas par exemple à Lacq.

Les moyens appropriés sont alors mobilisés, au premier rang desquels figure TOTAL DEVELOPPEMENT REGIONAL qui est une direction de la Holding de TOTAL.

TDR, développe une offre d’assistance technique et financière, voire administrative, destinée en priorité aux porteurs de projets ou aux entreprises en développement sur ces territoires. Les outils d’appui financier sont le complément de la mise à disposition de moyens intellectuels, logistiques et internationaux du Groupe Total.

L’innovation favorise l’emploi

Je souhaiterais d’abord m’exprimer sur le fait que l’innovation n’est pas ennemie de l’emploi. On a souvent tendance à freiner l’innovation, à lui préférer, par exemple, le soutien d’activités en déclin, en se disant qu’en faisant cela on soutien l’emploi. C’est une erreur : les réels soutiens à l’emploi, sur la durée, sont l’innovation et la créativité.

Des courbes réalisées à très long terme, démontrent que, sur une période de 150 ou 200 ans, la productivité du travail a été multipliée par 10. Dans le même temps, grâce à l’innovation, l’emploi lui, a été multiplié par 5, ce qui veut dire que la production totale a été multipliée par cinquante et que nous sommes donc plus riches qu’avant. On voit bien que les 2 mouvements vont de pair : l’innovation prépare l’emploi, elle n’est pas concurrente de l’emploi.

Les 3 maîtres-mots qui déterminent notre action d’aide à l’innovation

Il convient d’adapter la stratégie d’innovation aux PME et aux réalités d’aujourd’hui, en redéfinissant le concept d’innovation. Il est en effet désormais admis que l’innovation se doit d’être tout à la fois :

  • Globale, en s’appliquant à tous les leviers de la performance et de la compétitivité et non au seul produit ; on doit donc viser ainsi une «innovation 360°» en matière d’outils de production, achats, méthodes de commercialisation, marketing, services, logistique, organisation, etc.
  • Incrémentale plutôt que de rupture, le principe de réalité nous conduisant à miser sur une innovation par petits pas, à la fois progressive et continue
  • Collaborative, c’est-à-dire ouverte à des partenariats externes (laboratoires de recherches, autres entreprises françaises et étrangères).

L’apport de TOTAL

Beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui en panne d’innovation. Il convient donc de les aider à se réapprovisionner en idées et projets d’innovation afin qu’elles soient fin prête à profiter à plein du redémarrage économique qui ne manquera pas de survenir.

En effet, grâce à notre connaissance des évolutions techniques et commerciales, nous avons identifiés des axes de développements de nos activités à 2 ans, 5 ans et 10 ans et nous pouvons donc les transmettre à des PME afin qu’elles restent « dans la course à nos cotés ».

C‘est dans ces conditions que nous proposons aux entreprises un soutien financier significatif dont la vocation finale est de donner cette dynamique d’innovation aux PME.

En conclusion

Nous sommes persuadés que les entreprises qui sortiront gagnantes de la crise seront celles disposant de la meilleure capacité d’innovation et ipso facto de la meilleure assise humaine. Vous voyez donc que notre mission est claire : aider les PME à innover !

Contribuer à la réussite de ce défi nous fera participer, pour notre modeste part, à l’objectif de croissance du pays et à celui du rehaussement du niveau technologique et innovant de nos entreprises.

A propos de Philippe DESRIAC

a2340137608080d75aec3f0ecc53fe18e8217665

Expert innovation de Total Développement régional, Philippe Desriac y anime le pôle Innovation & PME. Philippe Desriac a plus de 20 ans d’expérience en Projet, R&D, Industrialisation, Commercial, Marketing, International et aide les PME à réaliser des gains significatifs à travers la mise en oeuvre de nouveaux produits, nouvelles stratégies, nouveaux business models, nouveaux processus et organisations. Il a de nombreuses expériences de l’industrie dans des secteurs variés liés aux métiers de Total, comme de l’industrie agroalimentaire, sport, transport.

« L’Innovation Jugaad : Redevenons Ingénieux » : Retour sur la Conférence

3160171_5_6bb3_l-innovation-jugaad-redevenons-ingenieux-de_745c5dafa7cebfba41d0eac395b99168L’Ecole des Mines de Paris accueille beaucoup d’évènements plus intéressants les uns que les autres. Après l’innovation par le business model le 16 avril 2013, elle accueille un évènement du Syndicat de L’innovation SYNNOV intitulé « L’innovation Jugaad : redevenons ingénieux ».

La conférence a démarré par la présentation par Navi Radjou de ses travaux publiés dans son livre. Elle s’est poursuivie par une table ronde où chaque intervenant démontrait comment l’innovation Jugaad s’applique à leurs domaines d’activités et entreprises respectives. Autour de la table étaient présents :

  • François Darchis, Directeur et membre du Comité Exécutif Air Liquide 
  • Stéphanie Dommange, Directrice des Cadres et Cadres Sup., SNCF 
  • Christophe de Maistre, Président de Siemens France

Qu’est-ce que l’Innovation Jugaad ?

Les études réalisées par Navi Radjou partent du simple constat des défauts majeurs des modèles stratégiques d’innovation actuels. Ils sont :

  • Coûteux : aujourd’hui les entreprises dépensent des millards dans la R&D mais elles veulent un ROI, de la prévisibilité, de la planification.
  • Inflexibles
  • Elitistes : les centres de R&D sont pleins de docteurs, chercheurs, ingénieurs…

Il faut un modèle qui soit peu coûteux, flexible et ouvert à tous. Un des piliers abordés est l’INNOVATION FRUGALE. Cela consiste à maximiser la valeur en minimisant les ressources. L’innovation Jugaad c’est la capacité ingénieuse d’improviser une solution  efficace dans un contexte difficile et avec de moindres ressources.

Plusieurs cas d’innovation frugale ont été mentionnés :

  • Procter & Gamble a un objectif de faire la même chose que aujourd’hui mais avec  1/3 du coût, 1/3 des efforts, 1/3 de temps.
  • Unilever étudie chaque produit pour optimiser l’efficacité temporelle/financière (réduction de l’eau nécessaire pour se laver les mains en utilisant leur savon)
  • Embrace : l’alternative à la couveuse
  • Salman Khan donne des cours de maths sur Youtube.

Un article du Monde parle de ce livre qui présente une façon d’innover différemment et que je recommande vivement : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/15/l-innovation-jugaad-redevenons-ingenieux-editions-diateino_3159891_3234.html

[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Business Angel ?

L’innovation pour Wikipédia est « une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

di

Après l’interview d’Olivier Servoise, poursuivons ce tour de France de l’innovation avec Didier Tranchier (@Tranchier), Business Angel et Professeur de Gestion de l’Innovation.

Didier, comment définis-tu l’Innovation?

De manière générale, l’innovation est le processus de mise sur le marché de nouveaux services et produits. Concrètement, les technologies déployées dans le monde actuellement (internet, haut débit, smart phones) créent des conditions de transformation complète de l’économie et ouvrent des nouveaux marchés, des nouveaux canaux de distribution, de nouvelles manières d’interagir et de nouvelles industrie.

J’appelle la période que nous vivons « LA RENAISSANCE INDUSTRIELLE« . Cette renaissance/révolution complète de notre économie va durer plusieurs dizaines d’années et offre des opportunités illimitées pour des jeunes entreprises innovantes capables d’explorer ces nouveaux univers.

Comment analyses-tu la relation qu’ont les Grands Groupes avec l’Innovation ?

Il est étonnant de constater que les grands groupes, ceux qui ont accès aux marchés, aux ressources et aux études de marché, sont ceux qui ont le plus de difficultés à bénéficier de ces nouvelles opportunités et de ces nouveaux marchés. Rare en effet sont les groupes industriels qui vendent leur produits sur internet ou qui ont compris que l’internet leur permet de recevoir les suggestions / remarques de leurs clients utilisateurs afin d’améliorer leurs produits et services. Il est vrai également que la culture grand groupe est très différente, voire incompatible avec l’agilité, la prise de risque et la vitesse d’exécution des start-ups.

Pour autant, je crois que cette relation Grand Groupe / Startup est la clé de la réussite économique car elle permet de combiner le modèle industriel avec la créativité et l’innovation. En particulier, la France est l’un des pays les mieux placés pour bénéficier de cette opportunité. C’est la raison pour laquelle je consacre mon temps à construire cette relation Grand Groupe / Startup, mais cela nécessite que le Grand Groupe accepte de remettre en cause ses certitudes et sa stratégie industrielle passée pour examiner les opportunités de marché et bâtir une nouvelle stratégie basée sur l’innovation et la conquête de nouveaux marchés.

La crise est-elle pour toi un déclencheur d’Innovation ?

La crise actuelle est le signe d’une transformation radicale de notre système économique dont les futurs champions seront les Start-ups qui auront réussi à capturer une partie significative des ces nouveaux marchés ou bien les Grands Groupes qui auront une stratégie de conquête audacieuse et qui sauront tisser des liens de confiance avec des Start-ups. Vive la CRISE et vive l’INNOVATION !

Retour sur la Conférence MTI 2013: L’Innovation par le business model

Cette semaine une conférence a été organisée par le Master Management de la Technologie et de l’Innovation sur le thème : « L’innovation par le business model ». Les intervenants aux profils variés (grandes et petites structures) étaient:

  • Alain Bénichou, PDG d’IBM France ;
  • Yves Pigneur, enseignant-chercheur à HEC Lausanne et co-auteur de Business-model Nouvelle Generation ;
  • Michaël Oualid, porteur du projet Free Car Project ;
  • Jacques-Etienne de T’Serclaes, Président de l’Agence pour le Don en Nature.

Les objectifs de ces intervention étaient:

  • Réaliser une présentation très pédagogique de la conception et ré-génération d’un business-model,
  • Parler des freins et espoirs de révolutionner un secteur grâce à un business-model disruptif,
  • Expliquer comment une grande entreprise de taille mondiale peut changer avec succès de business-model,
  • Expliciter le fait qu’en raison d’environnements changeants tous les types d’organisations sont concernés par l’innovation de business-model (association, secteur public, etc).

Alain Bénichou – PDG IBM France

Première intervention, Alain Bénichou précise que 90% du chiffre d’affaire d’IBM étaient issus de la vente de matériel il y a de ça quelques années (le reste en logiciel/services). Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse et l’entreprise a dû innover sans cesse pour pouvoir procéder à cette bascule. Le Groupe a connu quelques passages très compliqués: IBM a été proche de la faillite en 1992 après avoir perdu 15Mds $. En effet, la société a pris trop tard conscience de l’importance des modèles Client-Serveur: ils ne sont pas passés loin du phénomène « Kodak » qui envoie dans les roses les ingénieurs qui présentent les photos numériques! Au lieu de penser Client-Serveur, IBM voyait déjà le Cloud et pensait « décentralisé » (en fait ils étaient trop en avance 😉 ). Le PDG d’IBM France revint aussi sur le fait que IBM est une entreprise mondiale et n’est pas plus américaine qu’Indienne. Absurdité que de se baser sur le nombre d’employés! Il faut savoir qu’ils sont quand même 115.000 IBMeurs en Inde et 50.000 aux USA.

L’Innovation chez IBM se traduit par la vente de la partie Micro-Informatique à Lenovo. Les rumeurs disent même qu’à IBM en 2004 un bonhomme a dit que les PC ne serviraient plus à rien car il y aura les smartphones et tablettes! Aujourd’hui, IBM présente clairement les choses: plein pôt sur le BigData. Alain Bénichou guide l’entreprise dans ce sens car « les paroles s’envolent et les écrit restent » (sauf pour les paroles Cahuzac…). Tout l’enjeu des prochaines années va être de savoir capter les données d’Internet (des réseaux sociaux) et les trier, vérifier leur véracité. Pour Innover et atteindre les « 40% du Business d’IBM orienté BigData », l’entreprise va engager une forte destruction créatrice qui est au gout d’Alain Bénichou, nécessaire mais très difficile surtout en France (oups ça a parlé Politique!).

Michaël Oualid – Porteur du FREE CAR PROJECT

Quelques mots sur l’intervention de Michaël Oualid qui présente le marché actuel de l’automobile comme déconnant: on achète des voitures de plus en plus chargées de gadgets inutiles à grands coups de plan de communication bidon. Le suréquipement est aujourd’hui de mise mais il est possible de valoriser d’autre chose dans l’automobile. Il prend en considération qu’une voiture coûte 3700€/an en moyenne en dehors de son prix d’achat. Michaël Oualid se demande pourquoi la voiture ne serait pas une market place et seraient subventionnée par microcommisionning, au même titre qu’un mobile chez Orange. Par exemple EDF paye 10% du prix d’achat de votre voiture électrique neuve, tout en sachant que votre consommation électrique rentabilisera l’investissement initial.

Jacques-Etienne de T’Serclaes – Agence pour le don en nature

Cet entrepreneur revient sur la forte résistance au changement, notamment le changement de business model. Il présente sa « place de marché » qui récupére les invendu des industriels (de l’aspirateur aux sous-vêtements) pour les redistribuer aux personnes les moins aisées au lieu de jeter les produits. Son but:créer un canal de distribution fiable entre le monde lucratif (industriels) et non lucratif (associations qui s’occupent des 8M d’exclus).Un modèle « Blue Ocean Strategy » car son agence ne pèse sur personne. 22M de produits neuf redistribué, il vise 100 Millions en 2015.

Yves Pigneur – co-auteur de Business-model Nouvelle Génération 

Yves Pigneur est co-auteur du fameux « Business Model Generation: Hop, voici le lien direct vers Amazon pour acheter le bouquin: Business Model Generation.

Pour chapeauter les trois premières présentations et après avoir demandé à l’assemblée d’échanger chacun avec son voisin pour définir ce qu’est un Business Model, Yves Pigneur propose de parler un langage commun pour définir les modèles économiques. Un Business Model, qu’est-ce que c’est ?

C’est un langage commun qui doit être:

  • Simple (facilement compréhensible pour des directeurs, entrepreneurs,…)
  • Holistique
  • Visuel

Il aborde ensuite le Design Thinking et décrit de quoi est composé sa vision du Business model. Segment de client, l’offre, la proposition de valeur, à qui je m’adresse, les canaux utilisés, la relation client, le modèle de revenu, la structure des coût…. Tous ces composants sont regroupés dans le Canevas disponible en libre service (Ici !). Ce canevas permet de comprendre, en le transposant au cas de Nespresso, pourquoi les Suisses dépensent 8 fois plus d’argent dans le café ! Nespresso est un ensemble de brevet, une marque forte, une relation client forte (cadeaux a Noël etc.), des partenariats (Moulinex, Bosh). L’innovation de cette société donne un résultat plutôt clair : 30% de croissance depuis 2012, même si, tout comme IBM en 92, Nespresso à failli disparaître en 1987…

Le professeur d’HEC Lausanne conclue son intervention en présentant la dernière étape de l’innovation, le diagnostic des modèles. Dans toute entreprise il  y a des batteries de chiffres, des analyses SWOT, mais aucune garantie de succès. Yves Pigneur mentionne l’exemple de Qualcomm qui perd 800M$ car ils n’ont pas demandé aux clients leur avis et n’ont écouté que les experts des hautes sphère à la direction générale. Seul moyen de savoir si son innovation va fonctionner: la tester incrémentalement chez les clients (un bon bouquin à ce sujet: Lean Startup).

Une conférence très intéressante avec un succès monstrueux. Je vous invite à consulter le blog de MTI pour connaître les prochaines dates: Blog MTI Review.

[Interview] Qu’est-ce que l’Innovation pour un Responsable Innovation Numérique chez GDF SUEZ ?

L’innovation pour Wikipédia est  » une dynamique permanente d’amélioration créative incitant les entreprises à innover, c’est-à-dire à concevoir et à lancer continuellement, sur un marché concurrentiel, de nouveaux produits et services ». Une simple « dynamique d’amélioration » ? Un peu réducteur ? Je trouve aussi. Les définitions sont nombreuses et se complètent, c’est pourquoi j’ai trouvé intéressant de demander l’avis aux acteurs de l’innovation en France. Entrepreneurs, Business Angels, Startupeurs, Intrapreneurs, chacun nous livre sa vision des choses.

OlviierservoiseCommençons par Olivier Servoise (@olivierservoise), Responsable Innovation Numérique à GDF SUEZ.

Olivier, comment définis-tu l’Innovation?

C’est une démarche visant à générer et collecter des idées potentiellement créatrices de valeur, à les prototyper et les transformer en produits ou services.

Pour toi, que manque-t-il pour que chaque salariés innove dans son entreprise ?

J’ai l’habitude de dire qu’une bonne démarche d’Innovation bottom up est avant tout top down. C’est-à-dire qu’elle doit être impulsée au plus haut niveau de l’entreprise. D’autre part (et j’ai insisté sur ce point dans ma définition de l’innovation) une démarche d’innovation est avant tout un processus de transformation. Pour qu’une entreprise innove, il faut donc que son organisation le permette : que du temps d’employés puisse être dégagé pour les différentes étapes de la transformation.

A GDF SUEZ on distingue bien « Open Innovation » et « Innovation Participative » ? Quelle est la différence entre ces deux concepts?

L’Innovation participative est le premier pas vers l’open innovation. Quand on pense Open Innovation, on a souvent tendance à penser Innovation avec le monde extérieur alors que le premier réflexe devrait être d’aller voir si on ne dispose pas de la solution en interne. L’Innovation Participative est un déclencheur, quand on a commencé à solliciter des idées ou des réponses auprès de ses propres collaborateurs, le pas est rapidement franchi pour aller jusqu’à ses clients ou ses compétiteurs.

Quel rôle joues-tu actuellement dans l’Innovation ?

Quand j’ai commencé à travailler dans l’innovation, je me suis demandé quels étaient les points de contact entre IT et innovation. J’en ai trouvé quatre :

  • Consommateur : une DSI se doit d’être innovante pour améliorer son catalogue de service
  • Acteur : contribuer par l’IT aux innovations métiers
  • Contributeur : éclairer des potentialités IT les métiers pour participer à leurs innovations
  • Facilitateur : mettre au service de l’innovation des outils modernes qui permettent de doper les processus d’innovation

C’est à peu près l’ensemble des missions que je me suis donné : je réalise régulièrement des dossiers pédagogiques sur certaines technos ou usages, je fais le community manager pour que le processus continue de vivre, je lance des appels à idées, je fais le porteur pour les POC de ces idées et enfin je suis ambassadeur de l’Innovation Participative au sein de GDF SUEZ.

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Maintenir la démarche vivante, amener les collaborateurs à plus co-construire, diffuser la démarche au sein du groupe pour augmenter la taille du réseau et développer l’open innovation !

Je remercie beaucoup Olivier pour avoir répondu à mes questions. Je vous invite vivement à visiter son blog spécialisé sur l’Innovation Participative: http://innovationparticipative.wordpress.com/